Je reviens juste de la représentation par écran de cinéma interposé. Je vous poste ici ma petite critique de la soirée

Le prix élevé des billets est légèrement rattrapé à l'entrée de la salle où l'on nous distribue une coupe de champagne (ou un jus d'orange pour les enfants) ainsi que deux malheureuses feuilles photocopiées en guise de programme (dommage que le véritable programme de l'Opéra n'ait pas été en vente). J'aurais aussi aimé recevoir la distribution sur papier mais bon.
Premier constat, très peu de monde a fait le déplacement, la salle semble bien vide (et pourtant il ne neige pas dehors).
Pas de publicités comme au cinéma (bonheur!) mais un plan large de la salle de Garnier se remplissant progressivement.
Juste avant le début du spectacle, nous avons eu droit à un petit speech de présentation historique des ballets proposés par Brigitte Lefèvre.
Des quatre ballets, c'est probablement le spectre de la rose qui m'a semblé le plus vieillot, poussiéreux (le costume du spectre était kitchissime), mais la superbe interprétation toute en grâce et en légèreté d'Isabelle Ciaravola, le lyrisme et l'énergie de Mathias Heyman ainsi que la splendide musique de Von Weber font vite passer ce sentiment et emportent le spectateur dans un autre monde.
L'après midi d'un Faune interprété par un époustouflant Nicolas Leriche et une correcte Emilie Cozette fut tout simplement magnifique.
Bien sûr, il ne faut pas y chercher une quelconque prouesse technique, ce ballet n'en comporte pas, et pourtant... n'importe qui ne pourrait pas le danser, il faut un charisme fou pour capter immédiatement l'attention du spectateur et faire en sorte que celle-ci ne baisse pas. Nicolas Leriche a ce pouvoir, il a, selon moi, les mouvements justes en tous points de vue, la perfection de l'allure et une immense présence sur scène. Si je craignais un peu ce ballet, la prestation de ce soir m'a conquise!
Le Tricorne fut pour moi le meilleur moment de la soirée. L'emportante musique de De Falla ainsi que les splendides costumes colorés (de Picasso disait mon "programme") m'ont dès le début enchantée.
Marie-Agnès Gillot et José Martinez furent tout simplement merveilleux, dégageant l'un comme l'autre tant d'allégresse et de tenue dans leur danse, ils étaient justes et plus encore, je ne voulais pas que ça s'arrête! Le corps de ballet (réduit mais présent) fut également très bon.
Après l'entracte (et un chronomètre défilant sur l'écran pour nous tenir au courant du temps restant avant la reprise), c'est Petrouchka qui est venu clore la soirée.
Très entraînant surtout lors des séquences de fête foraine, la musique de Stravinsky a toutefois pu être difficilement accrocheuse pour ceux qui ne la connaissaient pas (ce qui fort heureusement n'était pas mon cas, j'ai ainsi pu me laisser totalement absorber par le spectacle).
La prestation de Clairemarie Osta, Benjamin Pech et Yann Bridard fut très bonne, tous les trois étaient vraiment bien dans leurs personnages de poupées. J'ai trouvé que Benjamin Pech faisait bien ressortir ses émotions.
En ce qui concerne la danse proprement dite, c'est plus le corps de ballet qu'il fallait remarquer (mention particulière à l'une des deux gitanes très expressive et enjouée), la chorégraphie ne mettant finalement pas tellement les solistes à l'honneur.
En bref, le tout fut plutôt bien filmé et très vite on oubliait que l'on se trouvait dans un cinéma!
Une soirée superbe qui sera, je l'espère, suivie par d'autres!